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Monuments

Construits avant 1861 

Le patrimoine architectural de la ville est récent (XIXe et XXe siècles) mais quelques vestiges antérieurs ont néanmoins subsisté.
C’est le cas de la borne milliaire, présentée au Centre thermal des dômes.

En arkose, haute de 2,35 mètres, elle date de 248-249 et fut retrouvée en 1880 près du Centre thermal des Dômes. Le couvent des Célestins, situé dans le parc des Célestins, a été construit en pierre au XVe siècle.

C’est en avril 1410 que Louis II, duc de Bourbon, a signé l’acte de fondation du monastère de religieux célestins.
À côté du bâtiment, étaient prévus une bibliothèque, un logement seigneurial et des jardins.

De bonne réputation, le monastère recevait d’importants revenus et les moines s’enrichissaient. C’est pourquoi l’abbaye fut supprimée par une bulle du pape en 1777 ainsi que par une ordonnance du roi Louis XV en 1778.

Elle servit ensuite de mairie avant d’être vendue comme bien national en 1793. Le bâtiment fut démoli à partir de 1795, il n’en reste plus que des vestiges. Le Castel Franc, situé boulevard Kennedy, a été construit en pierre à la fin du XVe siècle sur les anciens remparts de Vichy.

La demeure fut la propriété de la même famille du XVIe siècle jusqu'au début du Xe siècle. De 1801 à 1822 la Castel franc a accueilli la mairie de Vichy. La façade a été refaite dans le style néo-gothique en 1880.

Le pavillon Sévigné (boulevard Kennedy) date du XVIIe siècle. En 1676 et en 1677 la marquise de Sévigné a suivi une cure à Vichy pour soigner ses rhumatismes aux mains et elle logeait dans la partie ancienne de la demeure (dans le bâtiment en chaînage et en pierre de Volvic).

L’église Saint-Blaise, sise place de la vieille église, est composée de pierres de Volvic. Le chevet rappelle son origine romane.
Au XVIe siècle elle a été rattachée à la chapelle du château.

Elle abrite les sépultures de la bourgeoisie et des intendants des eaux de la ville. Le curé de l’église l'a fait remanier fortement à partir de 1873 (porche néo-classique).

La maison Bardon (rue de la porte de France), construite en pierre de Volvic au début du XVIIe siècle, a appartenu à la famille Vict de Pontgibaud aux XVIe et XVIIe siècles, puis à la famille Bardon au XVIIIe siècle.

La maison des Vict de Pontgibaud (rue d’Allier) a été construite au début du XVIe siècle. Les Vict de Pontgibaud y résidèrent de 1598 jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.

La maison natale d’Albert Londres, sise au croisement des rues Besse et de la Porte Saint-Jean, date du milieu du XIXe siècle.
Elle est actuellement à l’abandon. La villa Strauss (4 rue de Belgique), en brique, est due à l’architecte Hugues Bartillat.

Bâtie en 1858, de style néo-Louis XIII, elle devait accueillir le chef d’orchestre Isaac Strauss. Napoléon III y habita en 1861 puis en 1862 car les chalets impériaux, où il devait résider, étaient encore en construction.

Influence de Napoléon III à Vichy : 1861-1870 

Les séjours réguliers de l’empereur Napoléon III à Vichy (à partir de 1861) le décidèrent à aménager la ville, qui connut alors un véritable boom urbanistique, marqué par la construction de nombreux bâtiments de prestige. Le trajet Paris-Vichy fut facilité par la construction de la gare en 1862. Le premier train y pénètra le 8 mai 1862. Les verrières protégeant les quais sont de style Art Nouveau. La gare fut agrandie en 1977.

Pour ce qui est des résidences privées, ce sont des chalets qui furent construits. Les plus prestigieux se trouvent sur le boulevard des États-Unis.
Ils sont dus à l’architecte Jean Lefaure et sont faits de briques et de bois.

Le chalet Marie-Louise (n° 109), construit en 1863 est le premier que l’empereur commanda à Vichy. Il n’y habita qu’une saison à cause des balcons qui, donnant sur la rue, nuisaient à son intimité.

Au 109 bis, se trouve le chalet de Clermont-Tonnerre, construit en 1863 en brique et bois par Jean Lefaure pour le capitaine de Clermont-Tonnerre, qui assurait la sécurité du souverain. Le chalet de l’Empereur, au n° 107, fut construit en 1864, pour remplacer le chalet Marie-Louise comme résidence de Napoléon III. Le balcon donnait donc sur le parc. Le chalet des Roses, au n° 101, fut bâti en 1864 pour le ministre des Finances de 1861 à 1867, Achille Fould.
Il s’inspirait de l’architecture suisse et américaine.

La rue Alquié comporte des logis destinés à la garde, avec une influence londonienne. Avenue Aristide Briand se trouve le chalet des suppliques, construit en 1864-1865, et logis du gardien du parc Napoléon sur lequel donnent les chalets du boulevard Kennedy. Le parc Napoléon III fut embelli en 1861 et 1862 par la plantation d’arbres réalisée par l’horticulteur Joseph Marie. Une rivière artificielle coulait au milieu du parc, remplacée actuellement par deux bassins.

D’autres types de bâtiments furent érigés. Ainsi en est-il de l’église Saint-Louis, bâtie avenue Paul Doumer en pierre de la Nièvre en 1864, sur demande de l’empereur. Elle avait pour objectif de desservir une paroisse nouvellement créée à Vichy pour tenir compte de l’accroissement de la population de la commune.

De style romano-bourguignon, sa façade avec baies en plein cintre et rosace rappelle le style gothique de transition. À l’intérieur, on note la présence de vitraux à la gloire de la famille impériale avec des représentations de saints dont les noms sont ceux de membres de la famille Bonaparte.

Entre 1913 et 1918, le peintre symboliste Alphonse Osbert réalisera trois décors pour le chœur dont deux sont inspirés de l'œuvre de Puvis de Chavanne.

Dans le troisième, il évoque un passé révolu et idéalisé.
En 1961, le chanoine Côte commandera deux grandes toiles à l'artiste vichyssoise Josette Bournet qui seront reléguées dans les combles par ses successeurs avant d'être données en 2006 à l'église Sainte Bernadette des Garets.

Le casino (actuellement : Palais des congrès) fut construit en 1865 en pierre par l’architecte Charles Badger. Il comportait un théâtre, une salle de bal, un salon de lecture et une véranda. En 1995, Jean-Guilhem de Castelbajac, Frédéric Namur et Guy Degranchamps en firent un palais des congrès. La façade Sud qui donne sur la rue du Casino est de style néo-Louis XIII.

La façade nord, qui donne sur le parc, est de style néo-baroque. Elle comprend une partie centrale et deux avant corps comportant chacun quatre cariatides représentant les saisons et surmontées chacune d’un fronton, comportant une horloge (à gauche) et un baromètre (à droite).

En 1901 le casino fut agrandi par un bâtiment en pierre dû à l’architecte Charles Le Cœur qui ajouta au casino des salons, des déambulatoires, un grand hall et un théâtre.

La salle de théâtre comporte environ 1 400 places. La chute du Second Empire ne mit pas un terme à la fréquentation de Vichy par les gens fortunés, qui construisaient dans la ville.

De 1870 à 1944

Au croisement du boulevard de Russie et de la rue Alquié se trouve un bâtiment construit en 1884 et surmonté d’une tourelle qui lui donne son nom, le tout étant dû à l’architecte Honoré Vianne.

Le Castel Alameda, au croisement de la rue Eugène-Gilbert et de l’avenue des Célestins est de l’architecte Henri Décoret qui lui donne un style néo-gothique, et date de 1890. Même style et même architecte pour la villa Le Bocage (10 avenue des Célestins) bâtie en 1890.

La villa vénitienne est toujours d’Henri Décoret. Construite en brique en 1897, rue de Belgique, cette demeure est une copie miniature de la Ca Giustinian de Venise.
En 1898 Ernest Mizard, architecte, érige le castel flamand, une maison en brique sise au croisement de la rue Alquié et du boulevard de Russie qui s’inspire de la fin de la période gothique et du début de la Renaissance flamande. La toiture brûle en 1933.

Entre 1940 et 1944, ce bâtiment est occupé par le secrétariat aux Postes et Communications. Rue de Longchamp se trouve la villa Yvonette due à Antoine Chanet, qui en est aussi le propriétaire, et au sculpteur Julien Fugier (qui orne la façade).
Construite en 1899, elle est en brique et en pierre. La très parisienne rue Hubert Colombier, autrefois rue privée, est bordée de belles villas de tous styles, la plupart classées I.S.M.H. : villa Victor Hugo de l’architecte Antoine Percilly, en pierre et brique et de style néo-Louis XIII (n°5) ; la jolie villa Van Dyck, du même architecte, en brique, inspirée de la Renaissance flamande (n°9) ; la villa Jurietti - un hôtel particulier - construite entre 1895 et 1897 par Despienne, en pierre et de style néorenaissance (n° 11), aurait abrité un casino privatif ! ; la villa Art nouveau, par Antoine Percilly, appartient toujours à la famille Colombier ; l’impressionnante villa située au n° 12 (1900), surmontée d'une rotonde en ardoise, a été récemment ravalée, ce qui a permis de retrouver la blancheur originelle de la pierre (elle aurait abrité l’ambassade du royaume de Siam pendant la Seconde Guerre mondiale) ; le chalet du gardien est construit en 1896 par Honoré Vianne en brique et en bois au croisement des rues Hubert-Colombier et du Maréchal Foch. La villa Anne-marie, située rue Albert Londres, est l’œuvre de l’architecte Paul Martin, qui y habitait.

Il la fait construire en 1902 en brique et en pierre. L’architecte Henri Vianne disposait lui aussi d’un hôtel particulier, rue Roovère, construit entre 1887 et 1890. L’Alhambra est construite en 1898 par Antoine Percilly, rue Sornin. Elle est de style mauresque avec des stucs verts et bleus qui copient ceux de la porte de la justice à l’Alhambra de Grenade.

Le Castel gothique, situé au 15 boulevard de Russie, est construit en pierre et en brique en 1910 par Samuel Henriquet. Le bâtiment se caractérise par son style gothique.

La villa Art Nouveau, rue de Strasbourg, est construite au début du XXe siècle en pierre dans un style Art Nouveau. La villa du docteur Frémont, de style néo-classique, date de la fin du XIXe siècle (7 rue Prunelle). La villa Messidor, rue de Verdun, de l’architecte Adrien Dacq date du début du XXe siècle. Au boulevard Carnot se situe la villa mauresque, bâtie en 1906 par les architectes Henri Décoret et Antoine Percilly, est d’influence orientale. La villa du docteur Maire est construite en 1911 par Samuel Henriquet entre la rue du Golf et le quai d’Allier. En calcaire et en granit, cette bâtisse qui possède une tourelle avec mâchicoulis est d’influence néo-gothique.

Centre des Dômes Centre des Dômes L’intérieur de l’église Notre Dame des malades L’intérieur de l’église Notre Dame des malades L’architecture est également à l’honneur concernant le thermalisme. En 1881 le docteur Lejeune (1848-1905) fait construire un établissement de soins (16 avenue Thermale) à la facade néo-baroque. Le hall de la source des célestins date de 1908. En stuc, en pierre et en bois, il est dû à Lucien Woog. Il est de forme ovale et composé d’arcades en plein cintre. Il abrite une vasque par où sort la source des Célestins.

Le hall des sources, qui se trouve dans le parc des sources, est en fer et en bois. Le hall, construit en 1902, est réaménagé en 1977, et depuis toutes les sources arrivent dans ce bâtiment. Le centre thermal des Dômes, situé à proximité du palais des sources, est construit entre 1899 et 1903 à partir de plans établis par Charles Le Cœur.

En grès, le bâtiment est long de 170 mètres et de style mauresque. Le hall comporte deux peintures, La Source (1903) d’Alphonse Osbert, une huile sur toile représentant des personnes buvant à une source, et Le Bain (1904), ou l’on voit des femmes se baignant, le tout étant de style symboliste marqué par la rigidité des corps.

Des édifices religieux sont aussi construits.
C’est le cas de la chapelle de l’hôpital des architectes Coquet, Barrody et Percilly, érigée en 1887 pour doter le nouvel hôpital d’une église. Le temple protestant voit le jour en 1913.
Il est érigé par Samuel Henriquet, avec un style néo-gothique (rue Max-Durand-Fardel). La maison du missionnaire, rue Mounin, date de 1922. Elle est fondée par l’ancien missionnaire Henry Watthé pour accueillir les missionnaires malades.

L’église Notre Dame des Malades (rue d’Allier), adossée à l’église Saint-Blaise, est bâtie entre 1925 et 1931 par les architectes Antoine Chanet et Jean Liogier. En béton, l’église possède une coupole atteignant une hauteur de 42 mètres, décorée par les frères Mauméjean d’une fresque en trois parties: Ancien Testament (Synagogue), Nouveau Testament (Clovis, Louis XIII et Louis XVI) et le Christ en croix - au centre de la coupole se trouve une représentation de Dieu. Le clocher n’est construit qu’en 1956.

Des bâtiments sont construits pour les loisirs. Ainsi du stade équestre construit en 1887 et en 1888 par Jean Décoret (avenue Jean Jaurès) pour accueillir le concours hippique du Sud-Est qui se déroulait auparavant à Lyon. Des courses cyclistes et des concours agricoles s’y sont également déroulés. Des concours de saut d’obstacle et des courses de lévriers y ont encore lieu. Plusieurs hôtels de la période subsistent.

* Le Thermal Palace situé sur la place Aletti est dû à l’architecte René Moreau. Construit entre 1908 et 1911, il accueille le commandant en chef des forces militaires et une partie du secrétariat d’État à la guerre.

* L’hôtel des ambassadeurs, de style néo-Louis XIII, est lui aussi situé place Aletti, est occupé par le corps diplomatique français entre 1940 et 1944.

D’autres types de bâtiments datent de la période 1861-1944.
La sous-préfecture, sise au croisement de la rue Alquié et de la rue Prunelle est construite à la fin du XIXe siècle. Vichy devient sous-préfecture de l’Allier le 28 août 1941.

Près de là se situe la résidence du sous-préfet de l’Allier, construite en 1896 par Henri Décoret, de style néo-classique. L’hôtel de ville est de l’architecte Antoine Chanet.

Sa construction, commencée en 1913, s’interrompt suite au déroulement de la Première Guerre mondiale, pour ne s’achever qu’en 1925. Le ministre de l’intérieur, Albert Sarraut, est présent le jour de l’inauguration, le 2 septembre 1928.

L’édifice est de style néorenaissance et dispose d’un escalier monumental. L’hôtel des Postes est construit en granit en 1935 place Charles de Gaulle. Il est l’œuvre de Léon Azéma, qui a auparavant construit d’autres bâtiments pour les PTT ainsi que l’ossuaire de Douaumont.

Sa façade est proche de celle du Conseil économique et social à Paris. Son standard téléphonique performant a contribué à décider le gouvernement français de se rendre à Vichy en 1940.

Les halles centrales datent de 1935. Construites en béton par Mazon, elles sont inaugurées avec l’hôtel des postes par le ministre des finances, Marcel Régnier, le 23 octobre 1935.

Après la Seconde Guerre mondiale

À partir des années 1960 le maire Pierre Coulon lance un programme de constructions qui donne à la ville son aspect actuel.
De nouveaux quartiers sont construits tandis que l’Allier est aménagé pour réaliser un lac de retenue destiné aux loisirs. Le barrage (pont de l’Europe) en béton date de 1963.

Il fait office de barrage et de pont. Il se compose de sept passes de 30 mètres de long chacune. La rotonde du lac est bâtie la même année par l’architecte Louis Marol, en béton. Il s’agit d’un restaurant de plan circulaire construit sur l’Allier même.

L’église Sainte-Bernadette des Garets est inaugurèe le 16 avril 1967 par Mgr Bougon.

Outre la particularité d'être dotée de 7 cloches provenant de la paroisse de Montgolfier en Algérie (rapatriées par M. et Mme Meyer), elle possède une Vierge en bois pétrifié.

En 2005, deux toiles murales de Josette Bournet sont installées de part et d'autre la porte d'entrée. Représentant une « Crucifixion » et une « Piéta », ces toiles de grandes dimensions ont été réalisées en 1961 pour répondre à une demande du chanoine Côte qui souhaitait orner l'église de Saint-Louis à Vichy.